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DEVOIR 8 - Ds (4 avril 1SES1) – 1h45 Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire

DEVOIR 8 - Ds (4 avril 1SES1) – 1h45

Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire

 

PROGRAMME DE REVISION :
S2 : Normes, socialisation et déviance
E2 : Les limites du marché

 

Le sujet comporte trois documents

 

SUJET : A l’aide du dossier documentaire et de vos connaissances, montrez que la pluralité des influences socialisatrices peut être à l’origine de trajectoires individuelles improbables.

 

 

DOCUMENT 1

 

 

DOCUMENT 2

 

Par ailleurs, la « superposition » des institutions primaire et secondaire est fréquemment perturbée par l'action socialisatrice très précoce d'univers sociaux différents : la nourrice (quelques jours ou quelques semaines après la naissance), la crèche (quelques mois seulement après la naissance de l'enfant), ou l'école maternelle (à partir de deux ans). Or, les programmes de socialisation de ces différents univers sociaux ne sont pas forcément harmonieux par rapport à ceux de la famille. Comment ne pas voir que, mis en crèche très tôt, l'enfant apprend que l'on n'attend pas la même chose de lui et que l'on ne le traite pas identiquement « ici et là » ? L'expérience de la pluralité des mondes a donc toutes les chances, dans nos sociétés ultra-différenciées, d'être précoce.

Enfin, les socialisations secondaires, même réalisées dans des conditions socio-affectives différentes, peuvent concurrencer le monopole familial. Les cas de « déclassés par le haut », de ceux que l'on appelle parfois les « transfuges de classes » (les enfants de classes défavorisées qui « s'en sortent » par les études), en sont un exemple des plus flagrants. Ces « miraculés » ont réussi à sortir de leur condition sociale d'origine par la voie scolaire, c'est-à-dire une matrice de socialisation radicalement contradictoire avec celle de leur famille.

 

Bernard Lahire (1998) L'Homme pluriel. Les ressorts de l'action, Nathan, « Essais et Recherches » Bernard Lahire est professeur de sociologie à l'université Louis-Lumière Lyon-II

 

 

DOCUMENT 3

 

Dans un monde traversé par des vastes phénomènes globaux (= mondialisés) qui modifient profondément les sociétés nationales, l’une des questions qui se posent à la sociologie est de mieux comprendre la production des individus contemporains dans des contextes sociaux globalisés. (…)

La socialisation cosmopolite sera ici définie comme le processus d’apprentissage de la part des individus des dimensions transnationales du monde qui les entoure. Elle entend saisir la façon dont les acteurs sociaux font l’expérience du monde global et y agissent, en se penchant sur les dynamiques et les contenus que prend l’apprentissage du rapport entre soi-même et Autrui d’une part, sur les échelles d’appartenance sur lesquelles les mêmes individus se situent d’autre part. Plus largement, rendre opérationnelle l’approche cosmopolite par « le bas », signifie également se demander dans quelle mesure – et à quelles conditions – la nation peut encore être une source de production des imaginaires de l’appartenance et des formes du lien social dans un monde désenclavé qui semble de plus en plus dissocier les vies individuelles des contextes nationaux de socialisation et où les contacts permanents avec les différences génèrent une multiplicité des références culturelles et identitaires. (…)

 

Comment enquête-t-on sur la socialisation cosmopolite ?,Vincenzo Cicchelli, 2012

 



02/04/2025